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  • Julie Bonnemoy

« Là où rouleront tes larmes est caché un trésor »

Updated: Apr 7, 2022

« Là où rouleront tes larmes est caché un trésor »
Ainsi, je vous prie de regarder bien où elles tomberont la prochaine fois que vous pleurerez et de les regarder tomber avec amour.

Je n’ai jamais autant pleuré que cette année De toute ma vie. C’est presque tous les jours parfois. Ça ne dure pas longtemps, je sens l’émotion arriver et je l’accompagne dans son mouvement. Parfois le front posé sur le sol, parfois en cuisinant, parfois au-dessus d’une rivière. J’aime offrir mes larmes à la rivière et puis ma morve aussi qui coule d’elle-même pour rejoindre ses mères. J’aime cracher sur la terre aussi ou au pied des arbres. Ces trois sortes d’eaux de mon corps rejoignent celles de la Terre, Et cela me réjouit, Et cela me guérit. Car après avoir pleuré ou craché, A chaque fois c’est pareil, Mon regard s’illumine de nouveau.

Et je suis sure que le vôtre c’est pareil.


Et c’est marrant parce que je racontais ça à une connaissance l’autre jour, comme je me sentais vivante et heureuse en ce moment dans ma vie, et qu’en même temps je n’avais jamais autant pleuré. Je le voyais comme un signe de bonne santé en lui partageant. Elle s’est tout de suite enquise de me demander « si j’étais sure, si je n’étais pas trop seule, si j’avais des proches à qui me confier », par « proches » elle voulait dire « des ‘vrais’ proches d’enfance, pas des gens que tu viens de rencontrer et qui ne se soucient pas vraiment de toi ». J’étais à deux doigts d’embarquer avec elle dans cette psychose, cette autre vision des choses tout en me demandant comment le partage de mon bonheur pouvait amener ce type de raisonnement si alarmiste en face de moi. Et puis elle a ajouté ça : « tu vois tu dis que tu pleures beaucoup donc est-ce que tu es sure que tu es heureuse ? » comme une preuve tangible que les larmes sont synonymes de malheur.

Cette discussion m’a beaucoup travaillée, je lui en ai voulu de venir apposer un nuage noir sur mon bonheur sous couvert de bonnes intentions et de préoccupation de sa part. Et elle a réussi à me troubler : suis-je vraiment heureuse ? Suis-je vraiment en train de vivre ce que je souhaite vivre ? Je ne viens que de déménager et de changer presque radicalement de vie depuis le mois de septembre, c’est jeune ! Et puis l’hiver arrive, les journées sont de plus en plus sombres avec moins de soleil… Est-ce que cette vie loin de tout ce que j’ai toujours connu ne commencerait pas à me peser…. ?

Je m’en suis voulu surtout à moi-même d’embarquer aussi vite jusqu’à douter de moi si fortement. Je réalise comme j’ai cette tendance à me laisser déstabiliser par la personne en face de moi, à qui j’accorde un « crédit » parfois plus important qu’à mon propre ressenti. Cela m’a troublée le temps d’une soirée, d’une nuit.

Jusqu’à ce que j’ai envie de pleurer à nouveau le lendemain matin en me réveillant d’une nuit d’insomnie et de rêves perturbants et que je me rende au-dessus d’une rivière, rendre mes larmes, ma morve et mon crachat, et que je me sente apaisée. Et là c’est apparu comme une évidence, « non je ne pourrais plus jamais garder toutes ces émotions qui me traversent, en moi », je n’invente pas ces larmes, elles sont là, c’est tout. Je les bénis de me traverser et de liquéfier à leur passage trop de doutes, trop de peurs, trop de vieilles mémoires.

Alors peut être qu’à écouter son cœur de plus en plus, ça fait comme l’appétit qui vient en mangeant, comme une gymnastique du cœur, et qu’il devient de plus en plus entrainé et qu’on arrive de plus en plus à s’y connecter … Alors cela fait que je pleure de plus en plus, mais il y a tout autant de rires francs, de larmes de joie que de tristesse et de mélancolie.

La vie passe en moi.

Un jour que je pleurais (car en réalité j’ai toujours beaucoup pleuré, très facilement, de joie, de peur, de tristesse…) lors d’un atelier où je me sentais paralysée et incapable de lire un texte que j’avais écrit et qui m’apparaissait bien trop beau pour que je puisse le lire à la première personne et me l’approprier vraiment, une sublime amie m’a dit que j’étais peut-être une maitresse de l’eau et que je pleurais pour celleux qui ne pleurent pas, et j’ai trouvé ça terriblement beau.

Ca m’a vraiment permis de ne plus me sentir gênée de gêner les autres avec mes larmes ou d’attirer l’attention malgré moi puisqu’il est difficile de cacher qu’on pleure, on ne maitrise pas ces vagues d’émotions (quoi qu’il existe plein de techniques mais c’est une autre histoire). Dans ma famille, les larmes étaient la plupart du temps perçues comme des simagrées (j’aime beaucoup ce mot à prononcer mais moins dans son sens profond) alors que je découvre aujourd’hui leur subtilité.

D’ailleurs un passage de L’alchimiste de Paulo Coelho m’a inspiré cette pensée que je vous partage : « Là où rouleront tes larmes est caché un trésor. »

Ainsi, je vous prie de regarder bien où elles tomberont la prochaine fois que vous pleurerez et de les regarder tomber avec amour.

Merci pour votre lecture, je sors d’un moment de larmes de doutes, de peurs, de chagrin et ce texte m’a fait du bien à relire alors ça y est, il est temps que je vous le partage accompagné de ce petit Snoopy de bois sur le bitume que j'aime tant.

Love

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